Pour la solidarité de proximité, Fondation Feuilhade - La Croix du 5 février 2015

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La Croix du 5 février 2015

Quel est le sens de cette valeur républicaine qu’est la fraternité ? 

La valeur fraternité n’est pas mentionnée dans la Déclaration des droits de l’homme de 1789 et n’est intégrée qu’avec discrétion dans le dispositif constitutionnel de 1791, aux côtés de ses deux grandes sœurs que sont la liberté et l’égalité.

Cette discrétion s’explique par l’ambivalence d’une motion dotée d’une forte charge émotionnelle, mais dont le contenu se révèle imprécis. Il faut attendre 1948 pour que la fraternité soit pleinement reconnue dans la devise républicaine.

La liberté et l’égalité ont montré leurs limites, et la fraternité a pour fonction de rendre la société plus cohérente. Elle rend compte de la dynamique morale et politique de l’attention à autrui, en particulier à tous ceux qui restent sur le bord du chemin. Elle est l’expression politique de la grande question : « Qu’as-tu fait de ton frère ? »

En 1948, le droit à l’assistance, le droit au travail ou à la santé vont ainsi jeter les bases de l’Etat providence. Mais à la fin du XIXème siècle, dans le contexte d’une crise majeure avec l’Eglise, les républicains vont préférer à cette motion trop chrétienne celle de la solidarité. Le sociologue Emile Durkheim la théorise comme une logique d’interdépendance entre les individus. Alors que la fraternité joue sur la proximité entre des « semblables », la solidarité s’accommode davantage du jeu des différences. La loi de 1898 instaure une plus juste indemnisation des accidents du travail, et cette évolution débouchera en 1945 sur notre système de Sécurité sociale.

Après une grande éclipse, la fraternité retrouve aujourd’hui une certaine force. Les grands dispositifs de protection ont conduit à un refroidissement des systèmes de solidarité. La création de droits créances et la solidarité instituée ont paradoxalement produit de l’individualisme (« j’ai droit à »). Aujourd’hui, la vitalité de réseaux de proximité (la famille, les associations…), le passage d’une relation d’assistance à des formes plus contractuelle (RMI, RSA…), l’insistance sur le respect et l’attention aux autres contribuent à promouvoir une « solidarité chaude » qui est l’autre nom de la fraternité.

Jacques LE GOFF, professeur émérite de droit public (1)

  1. Coauteur de "Liberté, égalité, oui, mais fraternité ?", Editions Lethielleux, 2014, 12.90 €
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