Pour la solidarité de proximité, Fondation Feuilhade - Allocution de Monsieur Gabriel de Broglie

menu accessibilité

Allocution de Monsieur Gabriel de Broglie

Pour la quatrième année consécutive, je me réjouis de vous accueillir à l’Institut de France pour cette cérémonie devenue traditionnelle de remise des Prix de la Fondation Feuilhade pour la Solidarité de Proximité. Née en 2006 du vœu de son Fondateur de concourir au développement de nouvelles formes de solidarité, la Fondation dont nous couronnons aujourd’hui les lauréats est bien amarrée au quai de Conti. 

« Solidarité de proximité » nous dites-vous ; et vous avez raison : quoi de moins exotique mais pourtant nécessaire que de s’occuper de son voisin dans le besoin ? À l’heure où il est souvent de bon ton de « partir » faire de l’humanitaire, je pose la question : pourquoi toujours partir ? N’y a-t-il à ce point pas matière à « rester faire de l’humanitaire » ? 

« Rester faire de l’humanitaire » ? Voilà une bien curieuse composition lexicale que nous classerions presque dans le rang des expressions oxymoriques, à côté des « splendeurs invisibles » que Rimbaud nous dépeint dans les Illuminations. Mais nous nous tromperions ; ce qui nous induit en erreur, c’est cette mauvaise habitude que nous avons d’exporter (le verbe "exotiser" serait plus appropriés, mais je crains qu’il ne soit pas français) l’humanitaire ; non pas que je dénigre l’engagement de ceux qui partent à l’autre bout du monde s’occuper d’un voisin plus éloigné, bien au contraire !, mais je regrette, précisément, qu’il faille partir pour mieux sentir le poids de l’engagement et mieux vivre la générosité. 

Valoriser les initiatives locales œuvrant au service des voisins les plus proches, c’est proprement ce que fait la Fondation Feuilhade pour la Solidarité de proximité, et c’est précisément le dénominateur commun des lauréats qu’elle a jusque-là récompensés. Cet enjeu est important car il tend à rééquilibrer la valeur de ceux qui partent et de ceux qui restent, il tend à réparer une injustice que l’on explique de moins en moins.  

La solidarité doit être sans frontières, ce qui veut bien dire qu’elle est tout autant précieuse quand elle s’exerce à l’étranger que quand elle se tisse localement. Aider son prochain, quel qu’il soit, n’est pas l’apanage des Organisations Non Gouvernementales et des fonctionnaires internationaux. Il est aussi celui de ceux qui travaillent à réconcilier avec la vie leurs voisins de rue, de quartier ou de société. Sur le navire que nous partageons tous et dont Saint-Exupéry nous parle si pleinement dans Terre des Hommes, l’échelle locale et l’échelle mondiale ont la même valeur ; elles ont la valeur que nous leur donnons et que vous, chers lauréats, leur donnez.

Oui, vous partagez le désir d’agir au service de l’homme, et une approche altruiste de l’existence qui animent l’Institut de France depuis 1795. Né du vœu des conventionnels de fortifier la liberté et de la propager dans le monde comme la lumière, l’Institut de France comprend combien l’esprit solidaire auquel vous vous êtes attachés est pour ceux que vous servez le levier de la liberté. La proximité de votre action ne lui enlève rien de sa grandeur ; vos inspirations elles-mêmes rejoignent j’en suis sûr celles qui ont guidés nos pères fondateurs. De votre engagement, conjugué à celui des autres fondations abritées et aux travaux propres des académiciens, dépend d’une certaine maison le rayonnement de l’Institut de France. Vous assurez un relais, un prolongement de l’œuvre fondatrice. 

Avant de laisser la parole au Fondateur, je voudrais particulièrement remercier les membres du conseil d’administration et du jury de la Fondation, qui se reconnaitront, et sans qui les inspirations qui vous portent n’auraient pas été célébrées.  Et merci à vous tous d’être venus entourer aujourd’hui nos deux lauréats qui vont être récompensés dans quelques instants.  

 

« Proxité ». Quel nom prédestiné pour le Prix de la Solidarité de proximité ! S’il manque le « mi », ce n’est pas un oubli, mais c’est pour mieux, à l’oreille, entendre les « cités » où œuvre cette association qu’il me revient maintenant de présenter. Née en 2002 du constat d’un manque de compréhension et de liens entre le monde du travail et les jeunes dans certaines cités de Saint-Denis (93), Proxité s’est d’abord développée sur le principe des binômes de parrainage tournés vers le soutien scolaire des adolescents.

À partir de 2005-2006, l’association a mis en place un nouveau type d’accompagnement, le parrainage vers l’emploi, en partenariat avec la mission locale et avec des entreprises de Saint-Denis. 

En 2007, Proxité a créé une nouvelle antenne à Nanterre où elle met en place, en plus du parrainage scolaire, une aide à la découverte des métiers. Initialement ouverte une journée par semaine, l’antenne accueille les binômes toute la semaine depuis 2009, sur le modèle de l’antenne de Saint-Denis. 

En septembre 2009, Proxité s’est implantée à Noisy-le-Grand, en lien avec la Mairie, pour proposer le parrainage scolaire aux jeunes du quartier du Pavé Neuf. Depuis novembre 2010, l’association est également présente à la Plaine-Saint-Denis où elle développe son action de parrainage en lien avec l’antenne Jeunesse et le collège Iqbal Masih. 

Depuis sa création, Proxité a permis de soutenir près de 500 jeunes. 

Ainsi l’association Proxité propose-t-elle à des jeunes issus des quartiers en difficulté d’être parrainés individuellement par des bénévoles appartenant à la population active. Chaque parrain (ils sont aujourd’hui 168) a la charge d’aider et de suivre un adolescent ou un jeune adulte pendant au moins un an, en lui apportant un soutien scolaire ou en le guidant dans son orientation professionnelle.

Le parrainage scolaire et le parrainage vers l’emploi permettent d’établir une relation de confiance entre le bénévole et le bénéficiaire. Grâce à l’échange des expériences et des cultures, ce binôme devient le cadre privilégié d’une intégration sociale et professionnelle réussie.

Pour les jeunes qui se sentent parfois dans une situation d’abandon ou de discrimination, c’est l’occasion de reprendre confiance. Pour les bénévoles, c’est un engagement civique, personnalisé et concret.  

Cette action permet de créer un lien original et humain entre des catégories qui habituellement s’ignorent ou se craignent. Ainsi, réconciliez-vous avec la vie votre proche voisin, qui a tout autant de valeur que celui, plus exotique, que d’autres ont choisi d’aller aider au bout du monde.    

Je vous félicite chaleureusement ; puisse votre action porter des fruits toujours plus abondants et vos inspirations faire des émules.

  • Imprimer cette page
  • Envoyer cette page à un ami
  • Inscrire cette page dans les favoris (Internet Explorer uniquement)
  • Partager dans Facebook - Ouverture dans une nouvelle fenêtre
  • Partager dans Myspace - Ouverture dans une nouvelle fenêtre
  • Partager dans Twitter - Ouverture dans une nouvelle fenêtre
  • Partager dans Viadeo - Ouverture dans une nouvelle fenêtre

Recherchez

Lettre d’informations

 Juillet 2016

Soutenez la Fondation

Comment soutenir la Fondation financièrement ?

Agenda

Exposition-Evénement de la Fondation Feuilhade

 Clichés intergénérationnels

Samedi 17 juin 2017 
de 14h à 18h

à la Fondation Dosnes-Thiers (Place Saint Georges – Paris)

Venez nombreux pour :

  • Admirer l’action remarquable de l’association Ere de Jeu, notre « Coup de cœur 2016 »
  • Rencontrer celles et ceux qui font vivre le Prix de la Solidarité de Proximité

Zoom

La lettre de l'Institut de France de novembre 2016 qui relate la remise des prix de la solidarité de proximité ( en page 2).

 

Adhésion

Pour devenir
"Ami de la Fondation",
merci de remplir et de renvoyer le bulletin d'adhésion ci-joint
 

Candidature

Pour voir le dossier de candidature, cliquez ici.

Pour télécharger le dossier de cnadidature, cliquez ici.